Impatiemment, j'attends (encore et encore) que le traitement donné par mon médecin fasse effet, agisse comme il se doit.
Du matin au soir, ma tension joue avec moi selon son vouloir, en quelques minutes, mes jambes flagellent, puis ne me soutiennent plus, la tête tournoie et pour finir en apothéose la nausée qui arrive à son tour. S'assoir, s'aliter et attendre (encore et encore).
Je guette l'amélioration comme on scrute l'horizon.
Pour ajouter un peu de plus de désagréments (et non pas de piments), l'arthrite elle, fait, une poussée. Flexion, extension des phalanges... nouvelle gym de la journée :
- "allez, on répète le mouvement sans se plaindre, et de 1, et de 2, et de 3, un p'tit effort, mesdames les phalanges, l'exercice ne vient juste que de commencer. Vous devant, Messieurs le Pouce et l'Index, je vous vois papoter! Oui, je sais que c'est dur... mais on le fait et avec le sourire. "
Pour me changer un peu les idées, mais sans grande motivation et conviction, j'ai accompagné mon mari la semaine dernière dans un hypermarché, ce que j'appelle plutôt un temple de la consommation.
Quelle horreur, entre musique et caddies, c'est ambiance casse-boîtes et fête foraine!
Cramponnée à mon mari, collée derrière lui, j'osais sortir la tête par moment, pour tenter de voir les produits. C'est qu'il y a de quoi de s'y perdre : entre 1 boîte offerte pour l'achat de 3, et un paquet gratuit en bon d'achat pour l'achat de 2, il faut être mathématicien. Les têtes de gondoles, les rayons stratégiques par lesquels on est obligé de passer débordent d’offres affriolantes, de promotions qui ne le sont pas forcément pour le portefeuille. Afin de nous pousser encore un peu plus à la consommation, sans qu’on s’en rende compte.
Et dire qu’il y a des gens dont le métier de calculer, cogiter comment faire pour en vendre toujours plus… A l’heure où les plus pauvres sont encore plus pauvres, où se nourrir convenablement est un véritable casse-tête chinois. Société de consommation qui par acquis de conscience (quand elle existe ou qu’elle se réveille) se mord les doigts, s’emporte, s’indigne !
Acheter, consommer, jeter : trois mots qui dictent les comportements d’aujourd’hui. Pourquoi garder ce qui peut encore servir ? Non, poubelle, on en rachètera ! Le reste du plat ? Mais non, pas au frigo, il faut nourrir encore la poubelle quand même, où avais je la tête …
Oui, ca me dégoûte, ca me révolte. Question d’éducation et de morale, de respect, je n’ai pas été élevé de cette façon (merci aux parents).
A mon tour, j’essaie d’inculquer ces mêmes valeurs à mes filles. Difficile, l’impression de ramer à contre courant quand « toutes les filles ont un Longchamp pour mettre leurs affaires de classe ».