Éditeur : Stock - Date de parution : Janvier 2012 - 238 pages et une écriture à l'ironie mordante !
Charles vingt-quatre ans et jeune cadre dynamique aménage l’appartement légué par sa marraine. Comme
beaucoup de personnes, Charles fait partie du réseau ShowYou sur internet et y
consacre beaucoup de temps. Par le plus grand
des hasards et sans l’aide d’internet, il rencontre Anne-Laure dite Al,
étudiante à la Sorbonne et chanteuse d’un groupe de rock. Contrairement à
Charles, Anne-Laure n’est pas membre de ShowYou ce qui étonne Charles dans un
premier temps.
Sans faire un constat froid sur les réseaux sociaux, l’auteure
met le doigt là où ça fait mal. Et oui !
On aime parler de soi sur internet, retrouver ses copains de maternelle, montrer fièrement des photos de son
chez-soi comme Charles, raconter des parties de sa vie personnelle. Le tout évidemment avec plus ou moins de retenue.
ShowYou est un réseau social avec ses codes, ses obligations (comme y poster
une vidéo hebdomadaire sinon on est radié) et un espace où il faut
être. Charles y poste sa vidéo, commente les photos et les activités des autres,
reçoit des invitations à nombre d’"events" auxquels il n’a pas le temps de participer. Qu’importe, il est
heureux avec ShowYou, son emploi de consultant et son appartement dans un
beau quartier parisien. D’ailleurs, il aime observer deux des habitants de l’immeuble
d’en face : une vieille dame et un homme handicapé obèse qui se révèle
être écrivain. Charles n’avait pas prévu de rencontrer Anne-Laure et d’en tomber amoureux. Sauf qu’elle le
considère comme un ami, préfère le rock et la littérature aux réseaux sociaux. Charles
passe de plus en plus de temps en sa compagnie et finit par rejeter sa conception
du bonheur et de la vie. Mais dire non à
ShowYou peut avoir des conséquences et des revers inattendus...
Solange Bied-Charreton jongle avec les mots, use d’un humour
décalé et d’une ironie mordante ! Cette écriture a fait mouche et je me suis régalée! Si
j’ai quelques bémols concernant la construction de l’histoire (une fin
précipitée et le rôle du personnage de l’écrivain),
je suis bien contente de cette découverte ! Entre désenchantement, dérive des réseaux sociaux, voyeurisme réel ou virtuel, ce roman fait sourire mais
surtout grincer des dents (forcément).
Une auteure à suivre de près !
Tout s'éclairait soudain, sans que je n'y puisse rien changer. Le loisir se mêlait au travail, le loisir exigeait du travail, tandis que le travail était un nouveau loisir. Le travail était aussi divertissant que le loisir exigeant. Travail et loisir étaient, au fond, la même chose. Nous passions notre temps à nous amuser à gagner de l'argent.Nous nous amusions, nous cherchions à nous amuser toujours plus.(...) Pour résumer, nous gagnions notre vie à tenter de la perdre le mieux possible.
Le billet de Céleste.
Un grand merci à l'équipe (de choc) de Dialogues croisés !


