Éditeur : Stock - Date de parution : Juin 2011 - 375 pages à l' écriture raffinée !
Dakota du Sud, Décembre 1890. La tribu des indiens Lakotas à
Wounted Knee est massacrée. Ehawee, âgée de trois ans, y échappe et est confiée
à Jayson Flannery, photographe de son état, qui doit rejoindre New-York. Au
lieu de la laisser dans un orphelinat, il décide d’emmener la fillette avec lui
dans le Yorkshire. Jayson Flannery ment sur l’identité d’Ehawee renommée Emily et
prétend qu’elle est sa fille adoptive.
Le début du roman s’ouvre sur le massacre d’une tribu de
Sioux, les Lakotas, aux Etats-Unis. L’armée américaine demande à Jayson
Flannery, un photographe anglais qui se trouve sur les lieux par
hasard d'effectuer un cliché de chaque indien tué. Ehawee a échappé
de peu à la mort. Personne ne sait que faire de cette fillette indienne de
trois ans retrouvée saine et sauve. Jayson Flannery s’apprête à rejoindre sa
terre natale en prenant le ferry à New-York. Au lieu de confier la
fillette à un orphelinat, il embarque avec elle en direction de l’Angleterre.
Ehawee renommée Emily est censée être sa fille adoptive. Ce jeune homme veuf
depuis peu décide d’élever Emily comme sa propre fille. Il invente un passé à Emily qui
grandit et s’acclimate à sa nouvelle vie. Solitaire, elle aime écouter les vieilles comédiennes que
Jayson photographie. Des femmes sur le déclin en mal d’une jeunesse et d’une
beauté passées qui prennent plaisir à enjoliver leurs heures de
gloire éphémères. Le Constable Tredwell doute des dires du photographe car
celui-ci n’a jamais pu produire le moindre papier attestant qu’Emily a
bien été adoptée. La jeune femme devenue majeure accepte la demande en mariage
de Jayson. Son mari lui offre une bicyclette et
très vite, Emily aime se promener des heures durant dans la campagne
anglaise. Au cours d’une ses expéditions à bicyclette, elle découvre dans
les journaux une affaire qui divise l’opinion. Deux filles affirment
avoir rencontré à plusieurs reprises des fées avec photographies à l’appui. Le
grand Conan Doyle les défend et soutient l’existence de ces êtres
fantastiques.
Didier Decoin nous offre une histoire à
l’écriture raffinée et délicate. Et ce roman semble se fondre comme par
enchantement dans la campagne anglaise du début du XX ème siècle. L'auteur
explore les facettes du mensonge et celui de la vérité. Celle de la vérité
remaniée, souvent embellie à l’instar des portraits retouchés.
Hélas, mon enthousiasme a été terni car l'auteur termine par une fin précipitée.
Ce qui est bien dommage car ce livre possède de nombreux atouts !
Rien, ni dans son langage ni dans ses manières, ne
peut laisser supposer qu'Emily n'est pas irlandaise, et une Irlandaise élevée en
Angleterre, avec les exigences et la vérité que cela implique. Désormais, ce
qui pourrait trahir ses origines sioux lakotas n'est plus d'ordre du visible :
elle ne s'est pas contentée d'emprunter aux vieilles comédiennes leur accent
irréprochablement anglais, elle a appris d'elles l'art d'enfouir sa propre
vérité pour en endosser une autre.
Le billet de Jérôme .
Cette lecture rentre dans le cadre de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.
Cette lecture rentre dans le cadre de la 10ème édition du prix des Lecteurs du Télégramme.


11 commentaires:
Je le note quand même pour la vie en Angleterre, à la campagne. Aïe pour la voiture, c'est la grosse tuile.
@ Aifelle : seule la fin m'a déçue. Pour la voiture, on relativise tous et ça devrait bien se passer !
quelque chose me chiffonne: Jayson élève Emily comme sa fille puis l'épouse??????
Cet auteur est à l'honneur, ce matin! Dominique parle aussi de lui, d'un de ses livres sur les jardins. Je vais le surveiller à la bibliothèque et le choisir si je vois un de ces livres!
Je ne te sens pas très enthousiaste, donc je n'ajoute rien à ma liste... ;-)
J'ai bien aimé ce roman, c'est vrai que la fin est peut-être un rien décvante, par contre le début !! Quelle scène d'ouverture terrible... et puis ce photographe qui se protège sous une carapace bien mince finalement... Et tout le jeu de miroirs mensonges-vérité, c'était quand même bien traité.
Ça ne me fait pas vraiment envie, cette histoire... La faute au soleil? je suis plutôt revues en ce moment... ;-) Alors Porsche ou Lexus? ;-)
@ Choupynette : oui et il y a plusieurs raisons. La première étant celle des papiers ( comme quoi , les problèmes de papiers pour prouver qui l'on est ont toujours existé), et il ya l'amour.Cela est tellement bien narré que ce n'est pas choquant !
@ Mango : j'ai beaucoup aimé l'écriture ! Didier Decoin possède un talent de narrateur exceptionnel!
@ Kathel : si ! mais voilà j'ai trouvé que l'histoire des fées gâchait le reste du livre et la fin est de qualité inférieure par rapport à l'histoire globale que Didier Decoin nous raconte avec talent !
@ Gwen : Gucci, Chanel... Douarn s'embourgeoise:)!
Mon commentaire est encore parti dans l'Océan........zut et rezut!!
Moi aussi j'ai été déçu par la fin. Pour le reste, c'est un beau roman et un auteur dont l'académisme me séduit. Je reviens d'ailleurs de la librairie avec son recueil sur les jardins. Une lecture de saison à venir...
@ Mireille : oh non!!!!!
@ Jérôme : j'ai beaucoup aimé l'écriture et je relirai cet auteur!
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