mardi 1 juin 2010

La première fois

Le thème de la semaine chez les impromptus Litteraires est la première fois.

Voici mon texte intitulé Juste pour savoir :

Au self, Nicholas m’a balancé devant le reste des gars :
-Alors, Julien, cet été, ça a été bon ? Tu l’as enfin faite ta première fois ?

Il s’est mis à pouffer de rire, les autres l’ont imité en faisant des grimaces. Je n’ai rien dit, j’ai continué à observer mes carottes râpées qui se noyaient dans la vinaigrette. Il a remis ça en criant plus fort « eh, Julien, dis-donc mon grand, t’as peur des filles ? Elles ne vont pas te manger ! ». Avec son rire de grand dadais, il donnait des coups de coude à Pierre. J’ai senti mes joues devenir rouges. Maman me dit qu’il ne faut pas faire attention à ce que les autres peuvent dire. Sauf que j’en ai marre qu’on se moque de moi.

Le soir, toute cette histoire me trottait dans la tête. Maman s’inquiétait que je ne mange pas.
-J’espère que tu n’as pas attrapé un coup de froid, hein mon grand?
- Laisse-moi maman !

J’ai poussé un peu trop fort ma chaise parce que quand je suis énervé, j’ai tendance à être brutal. C’est maman qui le dit.

Le lendemain, Nicholas a recommencé en imitant la voix d’une fille « oh, Julien , viens Julien j’ai tellement envie de toi ! ». J’ai serré fort mon poing pour ne pas le cogner.

En rentrant à la maison, j’ai aperçu la nouvelle fleuriste. Elle marchait d’un pas léger et elle m’a souri. Oui, à moi ! Maman était contente de me voir gai, elle a dû croire qu’ il n’ y avait pas de problème cette année à l’école. Tous les jours, j’ai suivi la fleuriste discrètement. J’ai seulement dit à maman que j’allais chez un copain faire mes devoirs. Au début, elle a été surprise mais elle était tellement heureuse qu’elle me laissait sortir. Personne avant ne m’avait jamais invité.

J’ai noté sur mon petit carnet les horaires de travail de la fleuriste. Une fois elle m’a vu et elle m’a souri en faisant un signe de la main. Alors, ce jour là, je l’ai attendu après son travail. Je m’étais changé, j’avais acheté une boîte de chocolat et j’avais même mis un peu de parfum. Il parait que les filles aiment ça. Elle a été surprise en me voyant sortir de derrière la benne à ordures.
Je me suis approché d’elle en lui la boîte de chocolat mais elle n’avait pas l’air très contente. Elle a serré contre elle son sac à main.

J’ai voulu l’embrasser mais là elle a commencé à crier de la laisser tranquille et que je lui faisais peur. Alors, je l’ai tapé fort pour qu’elle se taise. Et ensuite, je l’ai embrassé même si son nez saignait et qu’elle pleurait. J’avais hâte de pouvoir dire aux autres gars que je l’avais fait !

C’est ce que j’ai raconté aux policiers quand ils sont venus à la maison. Maman ne comprenait pas et elle répétait « mon fils n’est pas un criminel, il est juste différent des autres, vous comprenez ! C’est un gentil garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche».

Moi, je voulais juste savoir ce que ça faisait d’embrasser une fille.

Dominique Mainard - Le ciel des chevaux



Lena apprend par hasard qu’un garçon étrange est au parc. Il raconte des histoires aux enfants et les gardiens le laissent s’occuper des poneys. On comprend à demi-mots que Lena ne rentre pas dans la case de la normalité. Elle qui se perd dans la ville ou qui oublie d’aller chercher son petit garçon à l’école. De son passé, on ne sait rien ou très peu. Sa vie a commencé lorsqu’elle a rencontré Adem son mari. Pour Lena, ça ne fait aucun doute, elle l’a reconnu. Ce garçon est son frère, un frère fou, dérangé, placé dans des institutions spécialisées. Les souvenirs de l’enfance refont surface et Lena ne veut pas perdre une fois de plus ce frère.

La folie qui résulte des rêves et de la réalité est au cœur de ce livre.

Je n’en dirais pas plus sauf que la fin m’a scotchée ! Une fin dérangeante où la vérité m’a laissée bouche bée. Il ne s’agit pas de mon livre préféré de cette auteure, j’y ai trouvé des longueurs.

Ce livre se rapproche plus de Leur histoire que Pour vous, on y retrouve l’univers de Dominique Mainard.

Sylire parle d'un l'univers envoûtant.

« Les médecins ont diagnostiqué une maladie complexe, un trouble plutôt – c’était un mot étrange, « trouble » comme une eau opaque, l’œil indéchiffrable d’une flaque sur un chemin boueux- dans lequel certains enfants finissaient pas sombrer jusqu’à n’avoir plus aucun contact avec le monde extérieur
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