
© Chappatte - www.globecartoon.com/dessin
Pratiquement 16h00 ! J’ai dormi presque 1h30 … euh, enfin, en trichant un peu. Oui, Je l’avoue sans aucune honte, sans remords, ni regrets d’avoir avalé quelques minuscules petites gouttes de rivotril.
Imaginez-vous depuis quatre jours, le bruit des bulls, des marteaux piqueurs et autres engins qui me sont inconnus mais qui délivrent un boucan, un raffut inimaginable ! Ma maison est encerclée, ma rue est prise d’assaut par des troupes de bonshommes jaunes et oranges fluos .
J’ai l’impression d’être devenu une Astérix dans son village Gaulois entouré, assiégé par les Romains.
Et attention, il y a deux équipes ! J’ai commis la maladresse de demander à un de ces messieurs orange où seraient les futures places pour se garer. Et il m’a répondu, en désignant les bonshommes d’une autre couleur qu’il fallait que je m’adresse à l’autre groupe plus loin.
Maintenant quand je sors de ma réserve, je dis bonjour à tous les bonshommes, toutes couleurs confondues , pour ne froisser personne.
Forcément, tout ce vacarme me tape sur les nerfs, m'empêche de me concentrer, pire, il m’a donné un grand coup de cafard. Un énorme insecte qui n’attendait plus qu’à me dévaster comme un tsunami !
A n’y rien comprendre…
En début de semaine, je me répétais inlassablement que la vie est belle, comme le dit Katherine Pancol, c’est sa maxime, sa philosophie. Et il y avait de quoi !
Miossec et Yann Thiersen en concert ce week-end, je désespérais depuis des semaines que l’on trouve une âme charitable qui nous vende ses places. Et, miracle, Oliver a vu une annonce ! Et nous avons, in extremis, nos assises, bien placées en plus, pour demain soir. J’étais sur mon petit nuage… tralalalalère !
Et, il y a eu un état d’urgence, mince, plus qu’un seul livre en attente sur ma table de chevet hormis celui que je lis. Big problème, je ne pouvais pas marcher jusqu’à l’arrêt de bus et en plus je devais passer un coup d’aspirateur et écrire !
Aspi ou écrire… Ecrire ou aspi… Et tout ce boucan incessant !
Bon ce fut l’aspi : grande extension puis grande flexiondu bras afin de limiter mes petits pas. Une chose de faite qui m’a coûté ma matinée … Ca m’a agacé ! Et il fallait que j’écrive…
Un petit peu de cortisone pour l’effet coup de fouet et hop, me voilà à pianoter des mots, des phrases. J’étais contente sur le coup mais le lendemain, c’était la catastrophe.
Et oui, je n’étais pas contente de ce qu’avais pondu, une suite et une fin bâclée digne d’une histoire de la revue « Nous deux », du Barbara Cartland, mais ce n’est pas moi ça !
Oh lala, mais qu’est ce j’ai fais ? Je me suis dépêchée, empressée et j’en ai oublié la qualité. La morale que j’en retire est que je suis incapable de produire des textes à la pelle dont je suis fière! Rien de pire pour se remettre en doute… une fois de plus !
Hier après-midi, chacun de la tribu vaquait a ses occupations. Caroline à son cours de danse, ordi, un peu de devoirs, et encore ordi et la question qui tue :
-Comme c’est les soldes, est que l’on peut m’acheter un nouveau bas de jogging ? Parce qu’en sport, on fait de l’athlétisme dehors et j’ai froid.
- Ben non, les achats c’est fini ! Et c’est la fin du mois.
-Mais non ! On est le 20 et pas le 31.
-Oui, ma chérie, il ya la fin du mois sur le calendrier, mais il y a la fin du mois budgétaire, des achats qui, elle, arrive plus tôt !
Entre deux explications sur les dépenses, sur tout ce que l’on doit payer par mois et que le budget « soldes » a été explosé, Marie qui a découvert MSN depuis peu, et qui est devenue accro m’appelle :
-Maman, je t’ai envoyé un message sur MSN !
-Mais, ce n’est la peine, je suis là, tu n’as qu’à me parler.
-Si, si, tu le lis, hein ?
Ma messagerie explose de « coucous, tu vas bien ? » et de « Maman, je t’aime, et toi ? ».
-Marie, tu as préparé tes affaires pour ton cours de dessin ?
Tentative infructueuse pour qu’elle arrête de m’assaillir de ces petits mots…
-Je n’ai rien à préparer, je prends juste mon sac !
-Eh bien, descends prendre ton goûter !
Là, j’ai visé juste en disant le mot magique « goûter » : les céréales, le pain, le nutella arrivent en un temps record sur la table !
Olivier lui a de quoi faire entre les courses et amener tout ce petit mon à ses activités, puis aller les chercher. La course poursuite contre le temps du mercredi après-midi.
Et, voilà, je me retrouve toute seule. Il faut que je m’aère, même s’il pleut.
Marcher, mâcher…. Mâcher, mâcher.
Mâcher et non pas ruminer. Mâcher un chewing-gum pour que le rictus qui se profile au coin de ma bouche ne se voie pas. Ce sillon si particulier qui se dessine à l'embouchure de mes lèvres, cette ondulation qui plisse mes joues comme si un fil invisible les tirait, les tend...Quand je sens les pleurs coincés dans ma gorge. Pour éviter qu’ils sortent, je mâche… tant pis pour l’aérophagie.
Je ne pense pas ou plutôt je m’auto-analyse, je me dédouble faisant la psy qui pose les questions et moi qui y réponds. Un dialogue incisif, elle me pousse dans mes retranchements les plus lointains.
-Eh ben alors, tu fais moins ta fière ? Tu te rends compte que tu n’arrives pas à tout faire ? Tout faire et le faire bien ? Tu as oublié que tu n’étais plus une Wonder-Woman ?
- Oui, ok, j’ai cru que je pouvais, tu es contente, tu m’as rappelé qui j’étais?
-Mais c’est toi qui devrais être contente, ma belle ! Tu me rabâches les oreilles que tu as des tas de nouvelles à écrire, des tranches de vie qui collent à la réalité, et qu’est ce que tu fais ? Hein ? Rien… Ah si, tu a écris une petite histoire à l’eau de rose….Tu te lances dans ce style là ?
- Non et non ! J’ai été trop vite, je le regrette, et je me sens mal, je me sens pas bien…J’ai l’impression d’être un tas de sable qui se disperse. Et tu vas me dire quoi ? Que je suis une personnalité bipolaire ou lunatique ?
-En tout cas, le tas de sable ingurgite sans problème les tablettes de Milka à la suite!
- Ben oui, je mange du chocolat, dès que je suis contrariée !
-Ce n’est pas avec des regrets que tu vas avancer. Alors, organise toi, écris peut-être moins mais écris ce que tu veux vraiment !
-J’ai besoin de parler…Tu peux le comprendre ça aussi ? Besoin de dire que je me perds…
Marcher, mâcher… mâcher, marcher.
Trempée comme une soupe, mes jambes m’ont conduit chez Dialogues. Dès que j’ai franchi la porte, je me suis sentie mieux, rassurée à la vue de tous les livres… Direction le rayon des romans, je me sens moins crispée, un peu plus détendue. Quels livres acheter pour me redonner du peps ?
Ah, je suis sauvée, il y a ma vendeuse attitrée ! C’est la mienne !
Elle connait mes gouts, me conseille et on parle des livres que j’ai lu, si j’ai aimé ou pas.
Et là, la discussion a débordé de son cadre habituel, il a fallu que je lui raconte tout !
Mon blog, mon bouquins, vos mails qui me disent que j’écris bien, mes nouvelles qui n’attendent qu’à prendre vie, l’éditeur foireux et qu’au final…. je ne sais plus où j’en suis.
Je lui ai même laissé l’adresse de mon blog. Elle m’a dit que :
-Si un livre a sa place sur le marché, il faut juste trouver le bon éditeur. Prenez votre temps ! Si vous ne vous sentez pas encore prête à franchir le pas qu’il ya entre un blog et un livre, attendez…
Elle a raison, ma vendeuse, sauf que pour moi, le pas à franchir est un énorme gouffre, un fossé !
Et si, elle me lit et qu’elle trouve nul ? J’aurais l’air de quoi ? Ben d’un tas de sable embarrassé…
Imaginez-vous depuis quatre jours, le bruit des bulls, des marteaux piqueurs et autres engins qui me sont inconnus mais qui délivrent un boucan, un raffut inimaginable ! Ma maison est encerclée, ma rue est prise d’assaut par des troupes de bonshommes jaunes et oranges fluos .
J’ai l’impression d’être devenu une Astérix dans son village Gaulois entouré, assiégé par les Romains.
Et attention, il y a deux équipes ! J’ai commis la maladresse de demander à un de ces messieurs orange où seraient les futures places pour se garer. Et il m’a répondu, en désignant les bonshommes d’une autre couleur qu’il fallait que je m’adresse à l’autre groupe plus loin.
Maintenant quand je sors de ma réserve, je dis bonjour à tous les bonshommes, toutes couleurs confondues , pour ne froisser personne.
Forcément, tout ce vacarme me tape sur les nerfs, m'empêche de me concentrer, pire, il m’a donné un grand coup de cafard. Un énorme insecte qui n’attendait plus qu’à me dévaster comme un tsunami !
A n’y rien comprendre…
En début de semaine, je me répétais inlassablement que la vie est belle, comme le dit Katherine Pancol, c’est sa maxime, sa philosophie. Et il y avait de quoi !
Miossec et Yann Thiersen en concert ce week-end, je désespérais depuis des semaines que l’on trouve une âme charitable qui nous vende ses places. Et, miracle, Oliver a vu une annonce ! Et nous avons, in extremis, nos assises, bien placées en plus, pour demain soir. J’étais sur mon petit nuage… tralalalalère !
Et, il y a eu un état d’urgence, mince, plus qu’un seul livre en attente sur ma table de chevet hormis celui que je lis. Big problème, je ne pouvais pas marcher jusqu’à l’arrêt de bus et en plus je devais passer un coup d’aspirateur et écrire !
Aspi ou écrire… Ecrire ou aspi… Et tout ce boucan incessant !
Bon ce fut l’aspi : grande extension puis grande flexiondu bras afin de limiter mes petits pas. Une chose de faite qui m’a coûté ma matinée … Ca m’a agacé ! Et il fallait que j’écrive…
Un petit peu de cortisone pour l’effet coup de fouet et hop, me voilà à pianoter des mots, des phrases. J’étais contente sur le coup mais le lendemain, c’était la catastrophe.
Et oui, je n’étais pas contente de ce qu’avais pondu, une suite et une fin bâclée digne d’une histoire de la revue « Nous deux », du Barbara Cartland, mais ce n’est pas moi ça !
Oh lala, mais qu’est ce j’ai fais ? Je me suis dépêchée, empressée et j’en ai oublié la qualité. La morale que j’en retire est que je suis incapable de produire des textes à la pelle dont je suis fière! Rien de pire pour se remettre en doute… une fois de plus !
Hier après-midi, chacun de la tribu vaquait a ses occupations. Caroline à son cours de danse, ordi, un peu de devoirs, et encore ordi et la question qui tue :
-Comme c’est les soldes, est que l’on peut m’acheter un nouveau bas de jogging ? Parce qu’en sport, on fait de l’athlétisme dehors et j’ai froid.
- Ben non, les achats c’est fini ! Et c’est la fin du mois.
-Mais non ! On est le 20 et pas le 31.
-Oui, ma chérie, il ya la fin du mois sur le calendrier, mais il y a la fin du mois budgétaire, des achats qui, elle, arrive plus tôt !
Entre deux explications sur les dépenses, sur tout ce que l’on doit payer par mois et que le budget « soldes » a été explosé, Marie qui a découvert MSN depuis peu, et qui est devenue accro m’appelle :
-Maman, je t’ai envoyé un message sur MSN !
-Mais, ce n’est la peine, je suis là, tu n’as qu’à me parler.
-Si, si, tu le lis, hein ?
Ma messagerie explose de « coucous, tu vas bien ? » et de « Maman, je t’aime, et toi ? ».
-Marie, tu as préparé tes affaires pour ton cours de dessin ?
Tentative infructueuse pour qu’elle arrête de m’assaillir de ces petits mots…
-Je n’ai rien à préparer, je prends juste mon sac !
-Eh bien, descends prendre ton goûter !
Là, j’ai visé juste en disant le mot magique « goûter » : les céréales, le pain, le nutella arrivent en un temps record sur la table !
Olivier lui a de quoi faire entre les courses et amener tout ce petit mon à ses activités, puis aller les chercher. La course poursuite contre le temps du mercredi après-midi.
Et, voilà, je me retrouve toute seule. Il faut que je m’aère, même s’il pleut.
Marcher, mâcher…. Mâcher, mâcher.
Mâcher et non pas ruminer. Mâcher un chewing-gum pour que le rictus qui se profile au coin de ma bouche ne se voie pas. Ce sillon si particulier qui se dessine à l'embouchure de mes lèvres, cette ondulation qui plisse mes joues comme si un fil invisible les tirait, les tend...Quand je sens les pleurs coincés dans ma gorge. Pour éviter qu’ils sortent, je mâche… tant pis pour l’aérophagie.
Je ne pense pas ou plutôt je m’auto-analyse, je me dédouble faisant la psy qui pose les questions et moi qui y réponds. Un dialogue incisif, elle me pousse dans mes retranchements les plus lointains.
-Eh ben alors, tu fais moins ta fière ? Tu te rends compte que tu n’arrives pas à tout faire ? Tout faire et le faire bien ? Tu as oublié que tu n’étais plus une Wonder-Woman ?
- Oui, ok, j’ai cru que je pouvais, tu es contente, tu m’as rappelé qui j’étais?
-Mais c’est toi qui devrais être contente, ma belle ! Tu me rabâches les oreilles que tu as des tas de nouvelles à écrire, des tranches de vie qui collent à la réalité, et qu’est ce que tu fais ? Hein ? Rien… Ah si, tu a écris une petite histoire à l’eau de rose….Tu te lances dans ce style là ?
- Non et non ! J’ai été trop vite, je le regrette, et je me sens mal, je me sens pas bien…J’ai l’impression d’être un tas de sable qui se disperse. Et tu vas me dire quoi ? Que je suis une personnalité bipolaire ou lunatique ?
-En tout cas, le tas de sable ingurgite sans problème les tablettes de Milka à la suite!
- Ben oui, je mange du chocolat, dès que je suis contrariée !
-Ce n’est pas avec des regrets que tu vas avancer. Alors, organise toi, écris peut-être moins mais écris ce que tu veux vraiment !
-J’ai besoin de parler…Tu peux le comprendre ça aussi ? Besoin de dire que je me perds…
Marcher, mâcher… mâcher, marcher.
Trempée comme une soupe, mes jambes m’ont conduit chez Dialogues. Dès que j’ai franchi la porte, je me suis sentie mieux, rassurée à la vue de tous les livres… Direction le rayon des romans, je me sens moins crispée, un peu plus détendue. Quels livres acheter pour me redonner du peps ?
Ah, je suis sauvée, il y a ma vendeuse attitrée ! C’est la mienne !
Elle connait mes gouts, me conseille et on parle des livres que j’ai lu, si j’ai aimé ou pas.
Et là, la discussion a débordé de son cadre habituel, il a fallu que je lui raconte tout !
Mon blog, mon bouquins, vos mails qui me disent que j’écris bien, mes nouvelles qui n’attendent qu’à prendre vie, l’éditeur foireux et qu’au final…. je ne sais plus où j’en suis.
Je lui ai même laissé l’adresse de mon blog. Elle m’a dit que :
-Si un livre a sa place sur le marché, il faut juste trouver le bon éditeur. Prenez votre temps ! Si vous ne vous sentez pas encore prête à franchir le pas qu’il ya entre un blog et un livre, attendez…
Elle a raison, ma vendeuse, sauf que pour moi, le pas à franchir est un énorme gouffre, un fossé !
Et si, elle me lit et qu’elle trouve nul ? J’aurais l’air de quoi ? Ben d’un tas de sable embarrassé…